vendredi 6 novembre 2009
La naissance de l'étoffe en Afrique (4)
Le mode de teinture à l'indigo aurait été inventé par une femme Sarakolé. Les femmes Sarakolés connaissent tous les secrets de la décoction, la macération et la fermentation des feuilles. Ce sont elles qui préparent les bains de teinture.
L'indigo est semé en août. Quelques mois plus tard, on procède à l'effeuillage. Les feuilles récoltées sont pliées, roulées en boules, puis mises à sécher.
Les enfants et les hommes n'aident que pour les décorations des tissus. Les motifs sont réalisées avec des "réserves", coutures ou ligatures de morceaux de tissus, afin de les préserver du bain de teinture. Par trempages et ligatures successives, on obtient différentes nuances de tons.
Les ligatures sont faites avec des petites ficelles ou des fibres de raphia. La teinture ne colorera pas ces endroits ligaturés, qui conserveront leur couleur d'origine. La technique des ligatures donne des dessins centrés, plutôt ronds. Les endroits cousus donnent des lignes. La combinaison des 2 permet l'obtention de dessins plus élaborés.
Dans une autre technique, le batik, on utilise des tampons en bois trempés dans la cire chaude et appliqués sur le tissu. Quand le motif de cire a refroidi, le tissu est teint. Quand le tissu est sec, on le lave à l'eau très chaude pour enlever la cire et le motif apparaît sans teinture.
Merci, Maracudja, pour ces 2 photos de batiks, prises à Saly (les autres seront bientôt visibles) :
Merci Gaëlle pour ton petit coucou matinal et pour cette jolie photo d'un batik du Bénin :
Les motifs symboliques replacent le tissu dans son univers culturel.
La naissance de l'étoffe et le mythe dogon... Le génie y insuffla la parole...
... à suivre...
jeudi 29 octobre 2009
La naissance de l'étoffe en Afrique (3)
L'Afrique donna la parole à ses génies...
Pour les Dogons, tisser n'est pas un acte de création, mais la création même. Le tisserand, poussant sa navette, chante et sa voix entre dans la chaîne du métier à tisser, s'enchaînant à celle de ses ancêtres. Le bruit du métier à tisser se nomme "grincement de la parole".
J'ai trouvé ces magnifiques photos de tisserands dogons ici, merci beaucoup...
Les couleurs naissent du même bain mythique.
Les cotonnades tissées étaient au départ blanches, de la couleur naturelle du coton. Puis on passa à l'ocre, couleur de la Terre. Vint la couleur du feu, des forgerons et des potiers : le rouge. Ainsi que la couleur du ciel et de l'orage, l'indigo et le noir. Le geste de teindre se chargea à son tour de signification. Cela fait sa beauté.
La teinture devint un art couleur de terre et de plantes...
... à suivre...
jeudi 22 octobre 2009
La naissance de l'étoffe en Afrique (2)
L'étoffe vient des sources du monde...
"Alors le Soleil se leva, et le septième génie fit sortir de sa bouche 80 fils de coton. Avec ses dents supérieures, il les répartit harmonieusement comme le ferait le peigne d'un métier à tisser. Ainsi il constitua la plage impaire de la chaîne. Il procéda de même avec ses dents inférieures et forma le plan des fils pairs.
Ouvrant et refermant ses mâchoires, le génie imprimait à la chaîne les mouvements des lisses du métier. Tout son visage participait au labeur, ses ornements de nez représentaient la poulie, ceux de la lèvre inférieure figuraient la navette.
Tandis que les fils se croisaient et se décroisaient, les deux pointes de sa langue fourchue poussaient les fils de trame et les bandes se formaient hors de sa bouche dans le souffle de la parole révélée, car le génie parlait. Il octroyait son verbe à travers une technique afin qu'il fût à la portée des hommes... et ces paroles étaient le tissu lui-même. Le tissu était le verbe."
Marcel Griaule, ethnologue, rapporte cette légende dans Les dieux d'eau.
Il ajoute : en langue dogon, étoffe se dit "soy" qui signifie à la fois "c'est la parole" et "sept", le rang de celui qui parla en tissant.
Ainsi, dans presque toute l'Afrique de l'Ouest, et particulièrement au Mali, le tissage, puis le vêtement et la teinture sont inscrits dans le récit mythique.
D'où vient le vêtement ?
Les Dogons ont encore leur réponse superbe : "quand le génie descendit sur la Terre, il apporta des fibres tirées de plantes déjà créées dans les régions célestes. Il en sépara dix poignées correspondant à ses dix doigts, et en plaça cinq devant lui et cinq derrière."
Il n'en fallait pas plus pour vêtir la nudité.
... à suivre...
jeudi 15 octobre 2009
La naissance de l'étoffe en Afrique (1)
(Difficile d'être affirmative, je n'ai pas la prétention de maîtriser le sujet... Ce texte étant une réécriture, avec mes mots, basée principalement sur un texte ancien de Jean-Jacques Mandel)
Jusqu'au XI siècle, les habitants de l'ancien Soudan français, le Mali, confectionnent quelques éléments vestimentaires dans des peaux d'animaux. Le métier à tisser aurait été apporté par les Peuls, amenant ainsi un artisanat de tissage de bandes de coton.
Les cotonnades teintées à l'indigo commencent à circuler en Afrique.
Au XVème siècle, les premiers conquérants portugais arrivent par la mer. En Gambie, au Cap Vert, ils créent de petites manufactures où les tisserands africains travaillent. Les colons échangent les cotonnades tissées contre de l'ivoire, de l'or ou du bois précieux dans les régions côtières, en même temps que le drap rouge de Mogador ou Marrakech.
Les caravanes almoravides amènent à Tombouctou, Djenné, Gao... la religion musulmane. L'Islam ainsi que le Christianisme souhaitent masquer les corps. L'étoffe se généralise et le troc s'intensifie. Les boubous apparaissent, inspirés des djellabas marocaines.
La production locale de tissu est complétée par les tissus maghrébins et les waxs, tissus imprimés importés par les Hollandais.
Le vêtement est entré dans les habitudes africaines. Avec les blancs l'étoffe apprend le langage de l'or. Mais l'aspect magique et mythique ne saurait être occulté... ce que pagnes et boubous ont à raconter dépassent les affaires de commerce et de conquête.
Voici ce que dit le mythe...
D'où vient l'étoffe ? Des sources du monde...
... à suivre...
vendredi 25 septembre 2009
Tissage africain
Les caractéristiques du métier à tisser traditionnel africain reflètent son origine nomade, puisque c’est un métier qui peut se démonter et se transporter .
Le peigne et les lisses sont suspendus et permettent une synchronisation des actions. Les pieds sélectionnent les fils de la chaîne grâce aux pédales qui font fonctionner les lisses, les mains font passer la navette pour former la trame et rabattent le peigne pour tasser le tissage.
J'aimerais bien essayer de tisser sur un métier comme celui-ci. Le mien est plutôt moins joli, avec ses montants de bois bien réguliers, mais il est moins encombrant, c'est l'avantage. Surtout quand il n'est pas encore remonté...
Merci à toi, Maracudja, pour cette photo.
mercredi 1 juillet 2009
Les rites d'initiation des Bassaris
Merci à toi, Maracudja, pour ces superbes photos des rites d'initiation au Pays Bassari, et pour nous faire ainsi partager cette aventure, malgré quelques déceptions compréhensibles. Le chef du campement ne s'est pas montré très correct avec ses visiteurs qui sont repartis décus de ne pas avoir entendu tout ce qu'il excelle à raconter sur l'histoire des Bassaris, et peu ravis de l'accueil qui leur a été réservé...
Ce que vous lisez ici est adapté de la longue lettre que Maracudja m'a envoyée pour me raconter leur périple, et de quelques recherches sur le net pour comprendre un peu le sens de cette initiation.
Partons maintenant au pays Bassari ...
Le pays Bassari se trouve dans le Sénégal oriental et dans le nord de la Guinée, magnifiques paysages montagneux. Côté guinéen, on ne peut accéder à certains villages qu'à pied ou en deux-roues, cet isolement étant propice au maintien des traditions où l'animisme est très présent.
Chez les Bassaris, le passage à la classe d'âge supérieure se fait lors de l'initiation rituelle qui fait appel aux génies. Des hommes déguisés en "Lokouta", le visage recouvert d'un masque à base de raphia et le corps enduit de boue ocre, incarnent les génies bienfaiteurs peuplant les grottes. Les jeunes initiés "affrontent" en un combat rituel les "lokouta", qui les jettent à terre, signifiant alors l'adolescence vaincue et l'entrée dans le monde adulte.
Les initiés partent alors se réfugier dans la grotte sacrée où un ancien, le "père-caméléon", leur transmettra alors les premiers rudiments de l'histoire secrète du peuple bassari. Les adolescents pourront ainsi devenir des hommes dignes "fils du caméléon", leur totem.
La fête à laquelle ont assisté Maracudja et ses amis s'est déroulée au village d'Ethiolo, dont le chef se nomme TianTian.
Les jeunes se préparent pour le défilé :

Quelques détails des costumes rituels avec des perles, des fils et des pompons multicolores :
Les génies des grottes, les "Lokouta" descendent des montagnes :
Les masques "lokouta" sont impressionnants et magnifiques:
Merci encore pour ce très beau voyage initiatique...
samedi 2 mai 2009
J'irais bien refaire un tour du côté du Sénégal !!
De Saint-Louis à la Casamance, du désert de Lompoul au pays Bédick et à la Gambie, de belles photos pour un joli voyage virtuel...
On dirait que l'on profiterait, pour notre évasion, d'un vol de flamands roses...
Ce serait plus original que le car rapide !!
Ou alors, on longerait la mer avec une charrette, parce qu'on ne serait pas pressé, on prendrait le temps d'ouvrir grands nos yeux, nos oreilles, et de s'éveiller à la magie de L'Afrique...
On emporterait peu de choses pour voyager, puisque ce serait un voyage "pour de faux"...

On irait admirer les dunes de sable et le coucher de soleil dans le désert de Lompoul...
On irait faire une partie de baby-foot avec quelques enfants...
... et on irait trinquer avec Maracudja pour lui souhaiter
un très joyeux anniversaire !!
Merci à tes amis et toi de nous avoir fait voyager en me transmettant ces belles photos,
Très belle journée à toi et à vous tous.
Bisous
dimanche 29 mars 2009
Balade à Popenguine, au Sénégal
Une balade avec Maracudja à Popenguine, un village au bord de la mer, à 60 km au Sud de Dakar.
Ce petit village voit une formidable volonté de protection de la nature et de l'environnement. Depuis plus de quinze ans, un groupement de femmes y assure la gestion des ressources naturelles dans un développement durable. Le Regroupement des Femmes de Popenguine pour la Protection de la Nature (RFPPN) est un exemple repris depuis dans plusieurs pays d'Afrique.
Les falaises de Popenguine :
Les maisons en bordure de mer et les rochers sont rongés petit à petit par la mer:
Des plantes poussent dans la latérite, une roche dont la couleur oscile du brun au rouge :
Un petit tour à la plage...
Les vestiges sont érodés par la mer :
Après avoir pas mal cherché sur le net, je n'ai pas réussi à trouver l'origine de ces vestiges. Mais je cherche encore...
Un petit tour à la buvette les pieds dans l'eau :
La réserve naturelle de Popenguine a été créée en 1986 pour permettre la réhabilitation d'un milieu très dégradé en raison du déboisement (bois de chauffe), du surpâturage et de plusieurs vagues de sécheresse.
En 1988, l'association RFPPN réunissant 129 femmes (et un homme) sous la direction de Woulimata Thiaw s'est spontanément créée afin de promouvoir la protection de la nature. Cette initiative a été très médiatisée et a reçu le soutien de la Fondation Nicolas-Hulot. (source Wikipédia)
Très sympa cette promenade, merci Maracudja pour les photos!!! Pour compléter la visite, vous pouvez cliquer sur le lien qui suit, c'est le site officiel du village de Popenguine, j'y ai trouvé plein d'infos, et c'est en musique :
Si vous avez envie, vous pouvez nous faire partager vos balades aussi, en me contactant...
mardi 17 février 2009
Quelques photos du Sénégal...
Ces photos-là ne viennent pas de mon amie Maracudja mais de quelqu'un d'autre dont je suis très très proche... et à qui je pense tout particulièrement aujourd'hui...
Des dunes de bisous....
dimanche 8 février 2009
L' île de Gorée
"Il n'y a pas de peuple sans mémoire. L'avenir d'un peuple ne peut être lumineux qu'en se fondant sur le passé". J. Ndiaye


















































































